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29
novembre

Souffrances des nomades de Badji Mokhtar de la fermeture des frontières algéro-maliennes

Les nomades des zones frontalières algériennes souffrent de la situation sécuritaire tendue dans le Nord-Mali, particulièrement après la fermeture des frontières entre l’Algérie et le Mali.

Jusqu’à une date récente, les nomades des deux pays avaient l’habitude de se partager les zones de pâturages et les points d’eau. Ceux de chaque pays se déplaçaient librement vers l’autre pays, en cas de pénurie d’eau et de pâturages chez eux. Aujourd’hui, la situation ne le permet plus. Il est devenu impossible de se déplacer d’un pays à l’autre. Car, les frontières sont fermées.

L’aridité et la sécheresse frappent fort dans les zones de pâturage et les points d’eau du Bordj Badji Mokhtar, aux frontières avec le Mali. Les éleveurs cherchent vainement l’alternative. Ils le trouvaient auparavant dans les régions maliennes environnantes. Mais, celles-ci ne sont plus accessibles. Car, les frontières entre les deux pays sont désormais fermées.

A l’occasion de nos tournées dans les différentes zones de pâturage et des oueds d’Agdem, Jouden et Ahdhadha, situés dans la région de Bordj Badji Mokhtar, les nomades nous ont exprimé le fort préjudice subi suite à la fermeture des frontières terrestres avec le Mali.

Sebou Ahmed est éleveur de bétails dans la zone d’Agdem. Il déclare: «la fermeture des frontières nous cause d’énormes difficultés pour trouver de quoi nourrir nos troupeaux de bétails et de chameaux, et ce à cause de la sécheresse qui frappe nos zones de pâturage».

Lansari At-taher est un autre éleveur. Il est de la région Jouden. Il dit: «Avant la fermeture des frontières, nous avions la possibilité d’aller aux zones de pâturage maliennes, quand les nôtres sont touchées par l’aridité ; ce qui n’est plus possible aujourd’hui».

Abouzou Ali, éleveur dans la zone de Aïn Tilit, déclare, dans le même cadre: «La fermeture des frontières nous oblige à ne faire paître nos troupeaux de bétails et de chameaux que dans nos régions ; nous ne pouvons plus sortir vers les zones environnantes du Mali, bien qu’elles ne se trouvent qu’à moins d’un kilomètre. Et même si les troupeaux nous échappent et entrent au Mali, il nous est très difficile de les ramener chez nous ; car, les frontières sont fermées».

Les nomades souffrent aussi de l’approvisionnement en eau, pour eux et pour leurs troupeaux. Ils s’abreuvaient de points d’eau maliens qui sont plus proches de leurs zones de pâturage que ceux d’Algérie. Souvent les points d’eau maliens sont abondants au moment où ceux d’Algérie sont secs. Les nomades se déplaçaient alors vers le Mali pour s’abreuvoir. Ce qui n’est plus possible aujourd’hui.

L’éleveur Aboubecrine déclare: «Nous buvions et faisions boire nos bétails à partir d’un puits à quelques 1000m de notre zone de pâturage ; mais, aujourd’hui, nous ne pouvons plus le faire. Car, ledit puits se trouve dans le territoire malien et les frontières sont fermées. Ce qui fait que nous souffrons beaucoup pour obtenir de l’eau pour nous et pour nos troupeaux».

Dans le même cadre, beaucoup d’habitants des zones pastorales algériennes ont contesté les pertes importantes encourues pour eux et leurs troupeaux à cause de la fermeture des frontières avec le Mali. Ils lancent un appel solennel aux autorités algériennes pour trouver une solution au conflit du Nord-Mali, ce qui aboutirait à l’ouverture des frontières avec ce pays frère et voisin.