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09
octobre

Disparition des milices et retour du cours normal de la vie à Benghazi

Le maréchal Khalifa Haftar s’est assuré la mainmise par l’armée sur l’Est libyen avant de s’emparer, il y a trois semaines, des ports du croissant pétrolier. La population assure que l’armée nationale libyenne est en voie de rétablir l’autorité de l’Etat sur la région. Les groupes armés ont disparu de la circulation.

La population de l’Est libyen ne cesse de constater l’évolution positive de la situation sécuritaire, spécialement, à Benghazi. « Le signal le plus fort, c’est que tu ne croises plus aucun barrage à part ceux de la police et de l’armée sur la quasi-totalité des routes de l’Est libyen », indique l’universitaire Abdelkader Kadura, ex-recteur de l’universitaire de Syrte et membre de l’instance de rédaction de la Constitution.

Les citoyens accordent le même satisfécit aux autorités. Hajja Fatma, une sexagénaire habitant le quartier AlHaouari à l’Ouest de Benghazi, raconte à la correspondante de l’agence Dune-voices comment les brigades spécialisées ont multiplié ces derniers mois les descentes sécuritaires contre les foyers de crimes et de délinquance.

« Les policiers se sont attaqués à tous ces méchants groupes, qu’ils soient terroristes ou trafiquants de drogues. Dieu soit avec eux. Nous n’avons plus peur pour nos enfants », dit-elle soulagée. Par ailleurs, toujours selon Hajja Fatma, même les constructions anarchiques sont en voie de disparition de leur quartier, après de multiples campagnes de démolition, menées de concert entre la mairie et la police. AlHaouari est l’un des plus grands quartiers de Benghazi. Une grande partie de ce quartier est resté pendant plus d’une année sous le contrôle de Daech et ses alliés.

Au-delà de l’immense acquis politico-économique, obtenu par le Maréchal Khalifa Haftar, avec la reprise par l’armée nationale libyenne des ports du croissant pétrolier, c’est surtout le retour de la quiétude qui fait plaisir aux citoyens de Benghazi et de toute la région. « Il ne se passait pas de journée sans enregistrer des morts ou des disparus dans tous les quartiers de Benghazi et dans d’autres villes de la région Est comme Derna, Ajdabia, voire même Al Gobba et Al Baydha », souligne Hanin, une étudiante de 25 ans, dont la famille a été obligée de quitter leur domicile dans le quartier d’Al Haouari, lorsqu’il était passé sous le contrôle de Daech. Hanin se rappelle comment il n’y avait pas encore de sécurité, à leur retour chez eux en Aout 2015, après la libération du quartier par les forces de l’armée libyenne.

« Au début de notre retour, nous étions obligés de nous terrer dans nos maisons, dès le coucher du soleil. Notre quartier n’était pas du tout sécurisé, comme le reste de la ville d’ailleurs », se rappelle Hanin, en précisant que le danger ne venait pas uniquement des groupes armés. « Il y avait des bandes de criminels qui faisaient le tour des quartiers libérés pour voler les maisons encore inoccupées par leurs propriétaires. Ces bandits s’attaquaient même aux passants », se rappelle-t-elle et exprime sa joie face au retour de la quiétude.

« Cela fait toutefois des mois que nous ressentons le retour de la quiétude à Benghazi et que nous reprenons goût à la vie. Cela fait plaisir que des policiers ou des soldats, en tenue réglementaire, assurent le contrôle sur les routes. C’est réconfortant », dit-elle soulagée, en insistant pour que Dune-voices mentionne que : « Ce sentiment n’est apprécié à sa juste valeur que par ceux qui ont vécu dans la peur et l’insécurité, comme nous ».

Même satisfécit à Ajdabya, 152 kilomètres à l’Ouest de Benghazi, sur la route vers les ports du croissant pétrolier. Le chargé de communication de la mairie d’Ajdabya, Mahmoud Bououssa, insiste beaucoup sur le retour au calme dans cette ville, où Ansar Chariaâ et les milices de Brahim Jadhrane avaient jusqu’en avril/mai 2016 de la présence militaire dans la ville.

« Il y avait auparavant de la tension et de la rivalité entre les groupes armés sur le terrain, même si les confrontations directes n’étaient pas fréquentes. Mais, maintenant, l’autorité est entre les mains exclusives de l’armée. Il n’y a plus d’autres groupes armés opérant sur le terrain et, même, le président de la mairie, c’est le Général Mbarek El Menfi, désigné par le Gouverneur militaire de l’Est, Abderrazek Nadhouri », dit le chargé de communication.

En présentant l’évolution de la situation sécuritaire à Ajdabya, Mahmoud Bououssa raconte le différend ayant opposé Brahim Jadhrane à Khalifa Haftar lorsque le premier a exprimé le désir d’intégrer l’armée. « Vous n’avez pas d’identifiant militaire. Je ne vous accepte pas au sein de mes troupes. L’armée n’est accessible qu’aux anciens militaires et aux ressortissants des académies de formation de l’armée nationale libyenne », avait alors répondu Haftar.

Le chargé de communication revient également sur la formation militaire assurée par l’armée dans deux Académies à l’Est libyen et aux trois camps d’entrainement institutionnels sous l’autorité de l’armée. « Il n’y a rien de pareil à l’Ouest et c’est ce qui fait la différence en matière de discipline et d’autorité. A l’Est, il y a une véritable armée », selon Bououssa. « Le rétablissement de la quiétude et la sécurité dans la vie courante fait gagner beaucoup de sympathie à Haftar parmi la population civile », conclut-il.